vendredi 4 novembre 2011

Ergonomie de visual rules modeler


Visual Rules édité par Bosch Software dispose d’un outil de modélisation dont l’ergonomie est particulièrement intéressante. Cette ergonomie permet de spécifier des raisonnements logiques de manière très intuitive c’est-à-dire sans nécessiter beaucoup de préalables techniques.
Vous n’avez ni besoin d’avoir préalablement formalisé votre vocabulaire, ni besoin d’avoir défini la structure de données, ni besoin d’avoir préalablement conçu votre modèle exécutable (XOM), ni non plus, besoin dans dans un premier temps, d’utiliser un langage formel prédéfini.

Dans une perspective de réappropriation de l’outil informatique par les métiers, le fait de  nécessiter peu de préalables est intéressant à plusieurs titres, il permet à de nombreux acteurs de démarrer sans beaucoup d’investissements intellectuels et  surtout il permet d’éviter ou de limiter le passage par des experts techniques souvent peu disponibles et pouvant, parfois, manquer d’expertise pédagogique.

Pour décrire votre logique vous utilisez une représentation arborescente et vous décrivez le sens de chaque noeud dans le langage de votre choix.
Un noeud de l’arbre équivaut à un test et une feuille à un résultat ou une action à lancer.
A tout moment vous pouvez écrire à côté du texte en clair un texte plus formel destiné à être interprété par la machine.

Bien que le formalisme “arbre de décisions” soit aussi utilisable avec jrules (ilog-ibm) ou de drools (red-hat). Cette approche est assez différente de celles de jrules (ilog-ibm) ou de drools (red-hat), elle est n’a pas que des avantages mais elle a celui de la simplicité. Les outils comme jrules ou drools ont plus tendance à nécessiter la mise en place préalable de domaines métiers (vocabulaire métier + structure objet ), sans pour autant d’ailleurs que ce soit indispensable.

Il faut signaler que visual rules n’utilise pas de moteur de règles à proprement parler, il permet d’éditer des règles sous des formes claires et lisibles, il permet de concevoir des logiques de décisions ou de raisonnement mais lorsque vous placez un test vous devez déterminer à l’avance où ce test ce déclenchera.



A titre d’exemple voici un arbre de décision qui permet de décider si une personne est ou n’est pas l’oncle d’une autre personne. La définition du concept “oncle” ou “tante” est réalisée à partir des relations de parenté “soeur”, frère, “fils” et fille.

Cette arborescence n’est pas exécutable au sens où les noeuds de l’arbre ne contiennent pas  encore de code formel (cet exercice sera réalisé dans un autre billet) mais elle constitue une première de familiarisation avec l’outil et avec la modélisation des logiques de raisonnement.

L’étape suivante est l’écriture d’expressions formelles avec son ensemble de préalables (structures de donnée, structures objets) exécutables par la machine. Cette deuxième étape aura tendance à remettre en cause, au moins partiellement une partie des travaux déjà réalisés. Que cela ne vous incite pas, pour autant,à sacrifier la première étape, elle est très utile pour éviter quelques allers-retours des plus ennuyeux !

jeudi 1 septembre 2011

Risques et arbre de décision

Les arbres de décisions, constituent un exemple de formalisme permettant de représenter des logiques de décisions.
S'ils sont réalisés à l'aide d'un BRMS ces arbres de décisions peuvent être directement exécutés par des machines au même titre qu'un programme informatique.

Voici un exemple simple d'arbre de décisions construit avec IBM Ilog jrules 7.1.
La logique présentée ici permet de décider si un particulier risque de se trouver en défaut de paiement.
Cette logique est une logique école et  n'a que peu d' intérêt en soi. La forme utilisée pour la représentée est le point qui nous intéresse.
La question qui mobilise notre attention est celle de l'intérêt de ce formalisme d'arbre par rapport  aux autres formalismes comme les tables ou de règles.
La logique de décisions présentée utilise ici trois conditions et aboutie à quatre conclusions.

Les trois conditions sont relatives :
- à l'ancienneté du client,
-  à la quantité d'incidents de paiement qu'il a rencontré,
- à son endettement.

Cet arbre équivaut à quatre règles :
1) Si le client est récent sa note est C.
2) Si le client est ancien et a connu beaucoup d'incidents sa note est B.
3) Si le client est ancien, n'a pas connu beaucoup d'incidents et est endetté sa note est A.
4) Si le client est ancien, n'a pas connu beaucoup d'incidents et n'est pas endetté sa note est AA.

Plus la note est proche de AAA plus la banque a confiance dans le particulier est une personne de confiance pour la banque.

Le formalisme d'arbre présenté a l'immense avantage sur le formalisme textuel d'être exécutable.
Le formalisme textuel a l'immense avantage d'être plus accessible et plus clair.

Il reste à prendre en compte le fait que je n'ai formalisé les règles sous forme de texte qu'après avoir formalisé l'arbre et que cet ordre de travail a très favorablement facilité l'écriture de règles simple à comprendre et logiquement ordonnées.

Il peut être intéressant de constater que les conditions utilisées pour évaluer le risque du particulier sont restées très floues : qu'est-ce qu'un client ancien ? à partir de combien les incidents sont nombreux ? à partir de quels critères doit-on considérer que qu'une personne est endettée ?

La réponse à chacune de ces questions est en soi un problème complexe que l'on peut ou non choisir d'automatiser. Et si l'on choisit de l'automatiser on peut à nouveau se poser la question du bon formalisme à utiliser.

vendredi 12 août 2011

Voeux et table de décisions

Voici un simple exemple de table de décision.

Elle a été conçue dans le cadre de la réalisation d’un générateur de voeux pour la nouvelle année qui permet d’envoyer automatiquement des voeux (un peu) personnalisé par mail électronique.

L’objet de cet exemple est de démontrer l’intérêt de ce formalisme pour un cas où la logique de décision est simple.

Voici la table de décision. Elle a été réalisée à l’aide du logiciel d’IBM Ilog jrules.
La plupart des BRMS permettent des réalisations similaires.


Cette table peut être maintenu par n’importe qui sait légèrement utilisé un tableur. Chaque case est éditable.

Les colonnes A et B expriment des conditions. Ces deux critéres caractérisent le destinataire du voeu. Le texte du voeu sera personnalisé en fonction du caractère professionnel ou amical de la relation et et en fonction du genre du destinataire..
Les colonnes C,D et E présentent le texte du voeu décomposé en trois parties : 1) la salutation, 2) le corps et 3) la signature.

Cette table de décision a ensuite été intégrée à un programme java qui fait l’interface avec un répertoire et un générateur de mail.

L’utilisateur de cette petite application doit gérer son répertoire et ajouter ces deux caractérisques à côté de leur adresse mail.

Chaque année il peut modifier le texte présentée à sa guise. Cet utiliaire très simple est cependant limité à du simple texte sans images et sans mise en forme sophistiquée.

jeudi 4 août 2011

Séparer logiques et données

Je vais vous parler d’une manière de coder des logiques de décisions qui peut dans certains cas s’avérer vraiment désastreuse.

Beaucoup de développeurs ont constaté qu’il esit très pratique d’utiliser des tables de base de données relationnelles pour stocker des paramètres d’une application. Ainsi un simple script écrit par exemple en SQL suffit pour les mettre à jour. Il est bien sûr préférable, plutôt que de se satisfaire de scripts SQL de mettre au point une IHM dédiée à l’administration de ces paramètres, mais ce n’est pas toujours indispensable.

Cette pratique peut parfois être la cause de difficultés insoupçonnées et insoupçonnables et être la cause d’incidents qui peuvent rester mystérieux durant des années, jusqu’à que la situation devienne insupportable.

Il se trouve d’ailleurs que lorsque mes clients me demandent un état des lieux ou un diagnostic cette pratique est souvent à l’origine des difficultés rencontrées.

Par exemple, j’ai évalué, il y a quelques années, un système informatique ou une dizaine d’applications différentes partageaient la même base de données.  Cette base comportait plusieurs centaines de tables et certaines de ces tables étaient des tables de paramétrage. Ces paramètres servaient en particulier pour paramétrer deux décisions prises par l’application. La première était relative à la tarification de produits et l’autre à la segmentation des clients. L’intérêt de cette base est d’être unique et cela devait en principe garantir la non duplication des données de référence ce qui peut parfois être une très bonne chose et ce qui dans ce cas s’est avéré particulièrement néfaste.

Dans notre cas, les IHM d’administration fonctionnelle étaient insuffisantes et de nombreux scripts SQL devaient être mis fréquemment en production pour corriger des incidents. Ces scripts SQL pouvaient être élaborés soit par les études informatiques, soit par les équipes d’exploitation informatiques en charge de la supervision et du support des utilisateurs.

Mais le vrai problème ne venait pas de là, le vrai problème est que le sens des paramètres fonctionnel s’est disloqué dans le temps au gré de la correction d’incidents toujours plus prioritaires les uns que les autres et au gré de la personne qui les corrigeait. Il faut préciser que les bases de données relationnelles ne sont pas spécialement conçues pour stocker des paramètres. Il faut aussi préciser que la valeur de certains de ces paramètres était codée sous forme numérique assez obscure au lieu d’utiliser un mot plus explicite issu du  jargon métier.
Pour comble de malheur, certains paramètres pouvaient avoir plusieurs sens variables soit en fonction du contexte utilisateur, soit en fonction de la plage de valeurs utilisée. Certaines tentatives de rétro-documentations ont été réalisées mais, devant une telle complexité, elles ont échouées.
Au bout de quelques années, l’application est devenue très difficile à maintenir et les recettes quasiment impossibles à réaliser. La correction d’un incident engendrant  systématiquement de nouvelles anomalies.
J’ai déjà évoqué le fait que cette base de données était partagées entre une dizaine d’applications c’est-à-dire qu’il était difficile de la modifier sans impacter l’ensemble des dix applications utilisatrices, autrement dit il était difficile de la modifier sans impacter la totalité des applications de l’entreprise utilisatrice.

Du fait de cette douteuse mutualisation et du fait de la longue durée de dégradation il n’y avait pas d’autre solution que des refontes coûteuses et assez longues à mettre en oeuvre.

Toute la difficulté a été de convaincre la direction de cette entreprise à investir dans une rénovation coûteuse et risquée. Elle avait tendance a préférer tout laisser en état.

Maintenant revenons à nos logiques de décisions et passons à la phase moralisatrice de cette fable, la morale étant toujours plus facile à écrire qu’à réaliser.

Que se serait-il passé si les logiques de décisions des tarifs et les logiques de décisions des segmentations clientèles avaient été codées sous forme de règles ou de tables de décisions ?

Tout d’abord cela aurait facilité la séparation entre les données et les logiques.


Le premier gain aurait été une meilleure lisibilité du paramétrage. Les bases de données sont faites pour stocker et retrouver des données, les bases de règles sont faites pour stocker et retrouver des règles. Quand on essaie d’utiliser une base de données pour stocker de la logique cela oblige à certaines circonvolutions qui rendent cette logique incompréhensible sauf pour la personne qui a créé ces circonvolutions et encore…

Cette séparation permet de simplifier la base de données en limitant le nombre de tables et le nombre de colonnes. Cela n’a l’air de rien mais quand la base de données devient un fourre-tout qui mélange logique et données, données de référence et données opérationnelles et qui multiplient les relations peu utiles la base de données devient vite lourde à gérer. Donc, deuxième gain une base relationnelle simplifiée plus facile à gérer et à partager.

Troisième gain, un peu plus difficile à comprendre et à admettre, la séparation logique et données permet de mieux gérer les exceptions. Je m’explique, il est  plus sûr de rajouter une règle que de rajouter une colonne dans une table relationnelle. Quand vous ajouter une colonne dans une table vous devez détecter et inspecter l’ensemble des requêtes qui utilisent cette table pour être sûr des conséquences de votre acte. Quand vous ajouter une règle vous pouvez lui adjoindre toutes les conditions utiles pour restreindre sa portée d’utilisation. Plus vous ajoutez de conditions plus vous diminuez le risque que cette règle soit exploitée à mauvais escient.

Le quatrième gain est une meilleure séparation des responsabilités, les personnes chargées des données s'occupent des données et les personnes chargées des logiques de décisions s'occupent des logiques décisions. Dès que le logiciel est un peu complexe ou un peu appelé à durer ou nécessite un niveau honnête de fiabilité, cette séparation des responsabilités prend tout son sens.

Pour résumé et en règle générale, mieux vaut séparer données et logiques. Si vous vous rappelez Edsger W.Djikstra et les principes de la programmation structurée cela vous dit sûrement quelque chose. Après, reste à traiter la question de comment cette logique aurait du être codée, cette question feraitr l’objet d’un autre billet.